jeudi 8 août 2024

Mur

Dans deux jours, la France votera. Il y’a de moins en moins d’espoirs de ne pas être gouvernés par des fascistes. 

Dehors, le soleil brille et les grandes vacances approchent d’heure en heure, à grands pas, l’air de rien. Elles s’en fichent les grandes vacances de ce qui se joue ici. Il s’en fout le soleil de la haine qui assombrit tout. 

Je regarde mes élèves de huit ans. Chacun, chacune est une identité en devenir, un balbutiement de parcours, un souffle d’espoir. 

Elle là-bas au premier rang, jolie, bien blonde, bien comme il faut. 

Lui, toujours mal assis, jamais à sa place, jamais dans les cases. 

Elle aussi qui ne répond jamais où il faut, qui n’a pas les codes, qui fout le bazar tout autour, qui a peur qu’on renvoie sa mère dans un Là-bas qu’elle n’a plus demander. 

Elle encore qui aura la chance d’intégrer une école qui s’adaptera à ses besoins là où nous n’avons pas pu. 

Lui, enfin, protégé par une aide sociale déjà en danger mais qui risque de sombrer dans l’oubli. 

Devant le film estival, je les regarde tous et toutes. Je suis émue mais j’ai peur. 

Face à tant d’innocence. 

Face à tant d’ignorance. 

Alors j’écoute encore un peu leurs rires qui lézardent les mur

Qui savent surtout guérir nos blessures.


Dans ma classe

5 juillet 2024

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