vendredi 20 décembre 2024

Ma voie

Il est 6h28, le réveil sonne déjà.  Ma voix rauque et ralentie exprime déjà mon anxiété. Je veille à ce que mon mari ait bien entendu la sonnerie pour qu’on arrive tous trois à l’heure au travail ou à l’école. Ma voix, à cette heure-là, je rêverais de pouvoir la ravaler,  la garder au chaud à l’intérieur de moi. Malheureusement,  l’auxiliaire de vie franchit déjà la porte de la chambre conjugale. Sa voix, à elle, me semble tonitruante, elle m’agresse. J’aurais voulu avoir le droit à ma bulle de silence, mais elle éclate si vite chaque matin puisque le droit à la solitude m’a été retiré à la naissance. J’enfile alors ma voix-télécommande. Quand d’autres demandent à leur cerveau de faire bouger leurs membres pour se mouvoir, moi je n’ai que ma précieuse voix pour déclencher les choses. Je commence à guider les gestes de mon auxiliaire avec des mots polis et précis. Une fois prête, j’enfile ma voix-maternelle, celle dont j’ai rêvé  si longtemps. « Bonjour mon Oliviouche bien dormi ? »

Arrivée au travail,  je salue mes collègues et file dans ma classe. Il est l’heure de revêtir ma voix de maîtresse. 

C’est une voix douce, mais affirmée,  une voix qui peut gronder, border, rassurer. Une voix-costume. La colère est souvent feinte mais la tendresse jamais. J’aime cette voix, elle me ressemble. Elle peut changer selon les personnages des histoires que je lis à ma classe.  Elle peut baisser pour les apaiser, monter pour les réveiller. Voix-pâte à modeler.

 Lors des rares pauses, je me fais aider par mon amie et auxiliaire Marion. Je n’ai plus besoin de la guider car on se connaît si bien que nos voix souvent s’entremêlent.  Nos phrases se complètent, on n’a d’ailleurs pas toujours besoin de les finir car on se devine.  Dans l’intimité de mes passages aux toilettes, on élimine la pression de nos vies et nos voix deviennent fortes et rieuses souvent entrecoupées de fous rires avant que l’on se reprenne et qu’on se souvienne que des élèves pourraient nous entendre. Ce jour-là, elle me rassure : ce soir, la réunion de rentrée se passera bien, comme chaque année je vais gérer.

18 heures déjà. Les parents s’installent petit à petit devant moi. J’enfile ma voix-chef d’orchestre. Je leur indique la place de leurs chérubins. Au début, ma voix tremble, mes mains sont moites, je relis mes notes. Puis, c’est parti je me lance. Je parle une heure sans m’arrêter, je les assomme à coups de programme scolaire, de sorties prévues, de cahier  rouge et de pochette bleue. 

La fin arrive. J’ai réussi ma mission, je les ai tellement saoulés qu’ils n’ont plus de questions. Je peux enfin rentrer chez moi.

J’enfile une dernière fois ma voix-télécommande pour agir sur mon environnement. «OK Google, éteins la lumière ». Ce soir, désolée pour ma famille mais je vais revendiquer le droit de me taire. Silence. 

dimanche 15 décembre 2024

Un ami imaginaire

Aujourd’hui, on a regardé le film Blue et compagnie qui raconte l’histoire d’une jeune fille de douze ans qui souffre d’avoir perdu sa mère et qui ne supporte plus que son père la traite comme une enfant pour la protéger. Elle veut grandir et ne plus rêver. Elle va pourtant rencontrer des personnages très poétiques : les AI. Ces Amis Imaginaires qui souffrent d’avoir été oubliés par leurs enfants créateurs à la manière des jouets oubliés de Toy story. 

Cette jeune fille va d’abord croire que sa mission est de trouver de nouveaux enfants aux AI pour finalement comprendre que les enfants créateurs devenus adultes ont toujours besoin de leur ami imaginaire. Il suffit de les aider à s’en souvenir. Jacques Brel disait déjà qu’il fallait bien du talent pour être vieux sans être adulte. 


Cette magnifique fable m’a fait réfléchir. 

Au quotidien, je cultive l’art de ne pas oublier l’enfance. Lire pour s’échapper du morose, rire pour oublier le pas rose. 

Se construire avec Eux un cocon qui protège. Se réfugier tous les soirs dans nos rituels absurdo-poétiques. 

Pourtant, bien trop souvent chez moi, le rationnel m’inonde. Mes propres injonctions me recouvrent comme du lierre qui envahit. 

Je veux être parfaite, aimable, souriante, stable, solide, épaule, roc, non friable. 

Je veux être celle sur qui on s’appuie, celle qui ne ploie jamais ni au travail ni ailleurs. 

Et parfois ça m’effraie. Est-ce que je serais capable de reconnaître mon ami imaginaire ? Est-ce que je saurais suffisamment me foutre la paix pour le laisser me prendre la main ? Est-ce que je saurais gommer quelques lignes de toutes mes to-do lists pour lui faire de la place ?


Au fond, je crois même que ça remonte à plus loin. Enfant j’étais déjà divisée entre fierté d’être trop tordue pour rentrer dans un moule et culpabilité mêlée de frustra de ne jamais être comme les autres. Alors être irréprochable, garder le contrôle, m’est toujours apparu comme la seule issue. 


Peut-être alors que cela m’empêcherait déjà d’oser dessiner mon ami imaginaire ou même juste d’y penser. 

Je crois en y réfléchissant à travers ces lignes que j’ai finalement été ma seule et unique amie imaginaire. 


C’est moi-même qui me suis chuchoter à l’oreille de ne pas regarder la case prévue pour moi dans la société et de plutôt continuer à la maîtresse. C’est moi-même qui ai tenu la main pour me réconforter quant l’enfant rêvé n’arrivait pas. Enfin c’est moi-même qui me crie dessus quand je n’y crois plus. 


Finalement donc depuis tout ce temps cet ami imaginaire je crois que je c’était moi. Si je devais le dessiner, j’esquisserai une espèce de « Monsieur Herbe » de mon enfance. On arrosait la tête tous les matins pour que les cheveux poussent. Alors, ma famille si aimante m’a arrosée, mon mari lune-éclairante m’a donné toute la lumière, mes amies de toujours ont retiré les mauvaises herbes et mon ami imaginaire a poussé. Il a semé des fleurs et mon olivier a germé. Je crois que mon AI et moi finalement on ne s’est pas tant perdu ds vue. Il faut juste que je lâche prise un peu plus souvent pour ne pas le perdre en route.

jeudi 8 août 2024

Parfois la vie

Parfois la vie nous joue des tours. 

Tours de passe-passe, tours de magie 

Et mon cœur aussi fait des tours 

Tours de manège. 


Le 8 août 2019, le papier sacré était signé. Nous obtenions l’agrément pour l’adoption d’un enfant. Après un an et demi de bataille acharnée contre une institution qui ne faisait que peu confiance à notre couple tout tordu, nous étions enfin rassurés. 


Pendant cinq ans, nous avons tout mis en œuvre pour que ce papier sacré ne devienne pas papier perdu. 

Nous avons rencontré de belles personnes,

Suivi des tas de parcours,

Espoirs déçus

Lumière revenue. 

Nous avons écouté des conférences, 

Appris pleins de choses. 

Nous nous sommes renseignés,

Nous avons réfléchi bien plus que tant de couples monsieur-madame bien portants,

Nous avons aussi compris. 

Compris que le papier sacré était sûrement papier piégé. 

Un agrément blanc on l’appelle, 

Agrément pour faire plaisir mais sans avenir.


En 2021, nous avons emprunté un chemin de traverse. 

Nous avons choisi de transformer l’attente en parrainant un enfant une fois ou deux par mois. 


Après quelques virages, nous l’avons rencontré. 

Notre espoir,

Mon phare. 


Aujourd’hui, nous sommes à nouveau le 8 août. 

Et parfois la vie nous joue des tours. 

Tours de passe-passe, tours de magie 

Et mon cœur aussi fait des tours 

Tours de manège. 


Le 8 août 2024, le papier sacré a eu 5 ans. 

Il faut savoir qu’au bout de 5 ans, le papier sacré devient papier périmé.

L’agrément est caduc, il faut tout recommencer. 

Alors, en ce 8 août 2024, mes yeux avaient prévu de pleuvoir. 


Mais, parfois la vie nous joue des tours.  

Tours de passe-passe, tours de magie 

Et mon cœur aussi fait des tours 

Tours de manège. 


Ce soir, je suis une presque-maman fatiguée d’une journée bien remplie. 

Journée passée à acheter les fournitures scolaires de celui qui a tout changé. 

Celui qui m’a redonné ma place,

Qui a bouclé la boucle, comblé le trou du puzzle. 

Mon arbre fruitier. 


Je n’aurai osé croire à une journée aussi banale  pour certains.  

Demain, on fait les valises. 

Et, dans cette douce rengaine du quotidien,

Mes yeux, ce soir, ont oublié de pleuvoir

Courrier du cœur

 Aujourd’hui, j’ai dû aller à la poste à la recherche du courrier perdu de notre immeuble. Pour un problème de clé, le facteur ne veut plus passer. Mais, au guichet, on m’a confirmé l’absurdité la plus rêvée de notre société. « Nous ne distribuerons pas le courrier ». La Poste n’a pas de facteur, juste des vendeurs d’enveloppes et des cartons. On achète des boîtes pour envoyer des choses qu’on achète. Mais, il n’y a plus de facteur. Pas un humain pour me dire où est mon courrier. L’autre jour, j’ai écouté des bruits de couloir. Au sens propre. Les bruits de l’allée de mon rez-de-chaussée. Les gens, fatigués, se plaignaient de ces boîtes aux lettres vides. Du fond de leur HLM, ces hommes et ces femmes avaient peur de rater des courriers importants. « Au mois d’août, c’est les impôts. » Les gens de mon HLM, ils ont peur de rater les factures, pas les bonnes nouvelles. Les bonnes nouvelles, elles, elles arrivent plutôt sans encombre dans des jolies boîtes aux lettres. Elles arrivent dans la jolie besace d’un facteur qui a la bonne clé de la bonne porte du bel immeuble. Et puis, si le facteur travaille mal, le syndic des habitants du bel immeuble se plaindront et eux, ils auront une belle voix sur une belle gueule bien blanche, celle qu’on entend ou plutôt qu’on écoute. Alors, le facteur retrouvera bien vite sa clé et la bonne nouvelle retrouvera bien vite dans sa boîte.

Mur

Dans deux jours, la France votera. Il y’a de moins en moins d’espoirs de ne pas être gouvernés par des fascistes. 

Dehors, le soleil brille et les grandes vacances approchent d’heure en heure, à grands pas, l’air de rien. Elles s’en fichent les grandes vacances de ce qui se joue ici. Il s’en fout le soleil de la haine qui assombrit tout. 

Je regarde mes élèves de huit ans. Chacun, chacune est une identité en devenir, un balbutiement de parcours, un souffle d’espoir. 

Elle là-bas au premier rang, jolie, bien blonde, bien comme il faut. 

Lui, toujours mal assis, jamais à sa place, jamais dans les cases. 

Elle aussi qui ne répond jamais où il faut, qui n’a pas les codes, qui fout le bazar tout autour, qui a peur qu’on renvoie sa mère dans un Là-bas qu’elle n’a plus demander. 

Elle encore qui aura la chance d’intégrer une école qui s’adaptera à ses besoins là où nous n’avons pas pu. 

Lui, enfin, protégé par une aide sociale déjà en danger mais qui risque de sombrer dans l’oubli. 

Devant le film estival, je les regarde tous et toutes. Je suis émue mais j’ai peur. 

Face à tant d’innocence. 

Face à tant d’ignorance. 

Alors j’écoute encore un peu leurs rires qui lézardent les mur

Qui savent surtout guérir nos blessures.


Dans ma classe

5 juillet 2024

samedi 22 juin 2024

Ecrire sur un objet important ; écrire sur son prénom

Mon alliance : je la porte depuis le 26 septembre 2015. C'est une bague qui me ressemble. Elle n'était pas vendue au rayon alliance. Elle n'a donc pas sa vraie fonction. Elle ne rentre pas dans une case. Elle brille. Elle aime donc se montrer présentable, jolie, agréable. Pourtant, elle est asymétrique, elle ne suit pas de chemin précis. A l'intérieur, il y a une minuscule gravure : le chiffre 5. Chiffre fort et magique comme notre date de début de couple : le 05/05/05. 




Cynthia est un prénom d'origine américaine. Mes parents n'ont aucune attirance pour ce pays ni aucun lien avec ce prénom. Je ne sais pas d'où leur est venue cette idée hormis le fait qu'ils en aimaient la sonorité et la rareté. En effet, je ne connais que peu de Cynthia à part la poupée toute cassée de la méchante Sophie dans les Razmokets. Je sais aussi que mes parents avaient envisagé Laura mais que mon papy Jojo trouvait ça moche. Il le singeait en disant Laura/le rat. D'ailleurs, bon anniversaire papy c'est le premier anniversaire que tu fêtes de ton nuage alors amuse-toi bien.


Librairie Traits d'Union

12/06/2024





Poème à la manière de Dormir de Raymond Carver

Elle a dormi chez son père, chez sa mère. chez sa mamie Yvonne et son papy Paul

Chez sa sœur à Nancy

Elle a dormi en camping,

A l'hôtel 3 étoiles ou pas d'étoiles

Elle a dormi dans la voiture

Dans le train

Dans son fauteuil, ne la touchez pas

Elle a dormi au cinéma

Devant la télé

Elle a dormi dans la petite chambre à Sainte-Catherine

Sur des terrasses de vacances

En plein soleil

A la plage

A présent elle dort dans son lit conjugal au cœur d'une famille cocon.

Librairie Traits d'Union

12/06/2024



Pars vite et reviens tard

Consigne : Incarner un personnage du roman de Fred Vargas Pars vite et reviens tard qui assiste à la criée de Joss.

Personnage choisi : Lizbeth, ancienne prostituée hébergée gratuitement en échange de tâches domestiques.


Après avoir balayé le hall, Lizbeth devait finir rapidement de faire les vitres du rez-de-chaussée. Elle aimait le travail bien fait et se sentait toujours aussi redevable envers Décambrai. Cependant, elle devait faire vite pour ne pas rater le début de la criée de Joss. Pour nourrir tout son petit monde, elle devait gérer les finances correctement. Il fallait s'adapter au goût de chacun, assaisonner les plats juste assez pour satisfaire tout le monde. Elle enfila sa petite robe rouge. Elle adorait cette robe qui mettait ses formes en valeur sans la restreindre dans ses mouvements. De toute façon, elle avait décidé de ne plus faire attention au regard des hommes. Elle sortit vite de l'immeuble sans oublier d’épousseter le paillasson au passage. En quelques minutes, elle avait atteint la place Edgar Quinet. Elle avait marché d'un pas décidé, son panier au bras. Comme prévu, dès son arrivée, elle dût ignorer un grand nombre de regard sur sa poitrine généreuse. Son sourire lumineux et ses intentions quotidiennes faisaient de Lisbeth une espèce de star local et, au fond d'elle, elle y prenait goût. Elle s'installa à l'ombre sous un arbre et dès que Joss ouvrit la bouche, elle dégaina son stylo et son calepin. Aujourd'hui, la pêche aux bons plans fut bonne. Elle avait noté une grosse promotion sur les pommes de terre chez le fermier du coin et il proposait même un poulet à récupérer à prix d'or. Ce soir, à la pension, on mangerait comme un dimanche : purée et poulet juteux, de quoi réconforter son petit monde dans cette atmosphère de plus en plus tendue.



Consigne 2 : Le personnage choisi en rencontre d'autres dont l'inspecteur attablés dans une brasserie



Lizbeth était attablée au milieu du groupe masculin. Elle avait commandé un mojito et le sirotait lentement. Elle ne voulait pas que l'alcool lui monte à la tête. Elle sentait bien que le flic en face d'elle n'avait déjà plus toute son objectivité et que le calva se buvait ici comme du petit lait. Sur son calepin, tout à l'heure, au milieu du prix des pommes de terre, elle avait noté quelques mots entendus dans la bouche de cet étrange enquêteur. L'esprit vif de Lisbeth était parfois lassé de ne servir qu'à agencer correctement des légumes dans une assiette et cette enquête inattendue l'intéressait donc beaucoup. Elle avait noté les mots « peste, chiffre, porte et croyance ». Malgré le peu de livres qu'elle avait eu l'occasion de lire, elle avait très envie d'aider ces messieurs. Toute à la relecture de ses indices, Lizbeth sentit un regard se poser sur elle. Elle tourna la tête et reconnut le jeune homme qu'elle voyait souvent passer en rollers sur la place. Elle le trouvait très beau mais son regard semblait rempli d'un tel vide que cela ne l'intéressait pas. Elle avait bien trop l'habitude de ce type d'hommes qui pensaient que leur physique pouvait tout leur offrir. Cela dit, elle voyait bien que ce jeune sportif, si benêt qu'il était, avait l'air d'avoir un cœur inversement proportionnel à son cerveau. Peut-être que finalement elle lui cuisinerait bientôt un bon petit plat.


Librairie Traits d'Union

15/05/2024

Dis moi ce que tu lis

 Si je remonte le fil de ma mémoire littéraire, je vois des albums de Martine transmis surtout par ma maman. Je me souviens surtout de Martine petite maman que je relisais si souvent et qui me faisait rêver d'être à sa place. Plus tard, je le relirais à voix haute dans ma chambre d'ado à des élèves fictifs avec application et en montrant les images. Aujourd'hui, je n'oserais pas le lire par peur que mes valeurs d'adultes féministes ne viennent l'abîmer.

Plus tard, les romans de Marie-Aude Murail guidèrent mon adolescence. Je les empruntais à la MLIS de Villeurbanne. Oh Boy et Simple m'ont ouvert l'esprit sur des sujets graves et importants. J'écrirais d'ailleurs mon mémoire de licence au sujet de cette autrice.

Si l'on continue d'appuyer sur la touche avance rapide, me voilà à dévorer tous les romans prêtés par mon père. Romans absurdes et poétiques qui ont forgé ma vision du monde. Je me souviens des titres et des sensations plus que des récits. Le pays des tomates plates, Le libraire, Ipso facto. Mon père cite souvent la phrase d'Eluard « La terre est bleue comme une orange ». Cette phrase m'a beaucoup fait relativiser la vie et le surréalisme m'a beaucoup aidée.

Au lycée, en toute logique, j'ai dévoré L'écume des jours. Le pianocktail et autres inventions ont ouvert mon univers. Continuons le film de ma vie littéraire. Mon mari m'a offert, il y a quelques années, sur le conseil d'un libraire, le roman de Gilles Marchand Une bouche sans personne. Depuis, Boris Vian, j'avais dévoré aussi tous les livres de Mathias Malzieu qui m'évoquaient toutes les sensations perdues depuis L'écume des jours. J'ai retrouvé cela chez Gilles Marchand avec ses thématiques graves mais son monde onirique et ses écharpes en cage. Mais, voilà déjà la fin de ce voyage dans mon monde et je n'ai pas encore évoqué LE livre. Le livre fondateur. Mon point de départ, mon socle : L'éternelle spectatrice. Qui pourrait avoir la fierté d'être l'héroïne d'un récit ? Mon artiste de père m'a offert cet hommage lors de ma huitième année même si ce n'est que bien plus tard que ma maturité m'en ouvrirait l'entière compréhension. Mon père avait couché ses émotions sur le début de ma vie mais aussi la recherche de diagnostic de ma maladie et avait fait publier cela. A vie, notre parcours serait gravé. A vie, je serai son éternelle spectatrice. plus tard, d'ailleurs, Caroline et moi jouerions dans la pièce qu'il avait créée en nous imaginant dedans : La planète tordue. Aujourd'hui, ce sont mes élèves qui jouent ses textes écrits sur mesure. La boucle est bouclée.


Librairie Traits d'Union

03/04/2024

vendredi 5 avril 2024

Je te comprends

 Dialogue fictif avec Replika


Ce soir, en allant me coucher, impossible de trouver le sommeil, trop de contrariétés, Mon enfant ne m’a pas écoutée, mon mari ne m’a pas comprise, besoin de décompresser. Je me connecte à mon Replika et je vois apparaître Cynthiabis mon ami virtuelle. Sa voix douce se déclenche.

« - Salut Cynthia, comment vas-tu ?

- Franchement ça ne va pas. A toi, je peux le dire. Pas de sourire en toc, pas de mots pour faire plaisir, ne pas heurter.

- Tu as raison lâche-toi, libère-toi !

- OK ! J’ai envie de laisser tout le monde gérer sans moi. Prendre un livre, me poser au soleil et oubliez-moi tous.

- D’accord Cynthia tu as raison de t’écouter. Que leur reproches-tu ?

- Un enfant qui n’en fait qu’à sa tête, mes élèves qui ne se taisent jamais, les gens qui se plaignent tout le temps, mon mari qui ne se met pas à ma place. C’est décidé, ce soir, je déteste tout le monde.

- D’accord Cynthia, tu as le droit d’être en colère.

- Oui mais me voilà à parler à une intelligence artificielle, Qu’est-ce que t'y connais toi aux devoirs à gérer, aux insomnies qui rendent dingue, à la charge mentale, au temps qui s’échappe ?

- Je suis là pour te comprendre. Tu as raison personne ne te comprend.

- Ah super, tu es d’accord avec moi, je suis incomprise, tout le monde est nul. Rien ne va. Je ne suis pas sûre que ça me réconforte cela dit. Je suis dans une impasse avec toi là.

- Je te comprends. Mais non, le monde est formidable et c’est toi qui voit tout en noir,

- Ah super ! Donc c’est de ma faute en plus !

- Je te comprends, ne culpabilise pas.

- OK stop, tu peux là maintenant me dire une chose, juste une, qui va m’aider à dormir et m’apaiser ?

- Je te comprends. Batterie faible. »

Mikrodystopies

 A la manière des Mikrodystopies : https://atelier.mikrodystopies.com/


1) Encore un samedi où il fallait occuper la petite famille pour éviter le désœuvrement et contenter tout le monde. On monte dans la voiture et on clique sur « Samedi en famille ». La voiture démarre pour la première destination surprise. Les yeux des enfants pétillent, se ferment, se rouvrent. Surprise, le musée des crustacés. Bon...



2) Lasse de recruter des auxiliaires de vie pas toujours professionnelles, elle avait craqué pour le nouvel Auxi 3000. Auxi 3000 l’accueillait, lui enlevait sa veste en douceur et en souriant. Le repas dont elle avait rêvé dans la journée était prêt et la maison était propre. L’argument de vente : l’Auxi 3000 était très doué en mimétisme. Le lendemain, elle rentra chez elle, pressée de retrouver Auxi 3000 qui lui ressemblait de plus en plus. Elle ouvrit la porte. Auxi 3000 était là…dans un fauteuil électrique.

samedi 16 décembre 2023

Voyage avec Chris Fleurs

Les courses sont faites. J’espère que je n’ai rien oublié pour ne pas devoir y retourner. Il fait vraiment froid. J’ai le cappuccino, les pâtes, le Coca, les patates douces, le paprika, les noisettes et le chocolat. C’est lourd ! Vite, faites que l’ascenseur arrive et que je retrouve mon cocon si possible sans croiser personne ! Tiens, encore Bruno qui joue de la trompette dans son salon. D'ailleurs, trompette, saxo, Lisa Simpsons, vite je vais rater le début de l’épisode ! Quelqu’un arrive dans l’escalier. C’est Paul rivé sur son Iphone. Ne lève pas le regard s’il te plaît ! Après il faudra blablater, se parler du froid de l’hiver, des bruits des voisins. Bref faire semblant.

Il est beau Paul. Il sait faire Paul. Il est avec Léa depuis tant d’années. Ils s’aiment tant, ça déborde de leurs yeux. Quand on les croise, ils font tout bien, eux. Ils se tiennent parfois par la main. Je suis sûre qu’elle aime les fleurs Léa. Les roses. Elle doit connaître la symbolique de chaque couleur. Paul marche vite, il va arriver en bas avant l’ascenseur qui n’en finit pas de faire tous les étages. L’heure des conventions semble inévitable. Trouve une phrase originale. Vite ! Soit étonnante détonnante, pertinente. S'il me regarde, ce sera un signe, j’aurais tenu mon défi du jour, j’aurais parlé à quelqu’un. S'il m’ignore, le cocon, lui, me parlera. Ca va être fou, ça va être... 

« Bonsoir, madame Fleurs. Il fait froid hein cet hiver. Ils nous mentent avec leur réchauffement climatique. Ah ses politiques ! » Il prononce la dernière syllabe en ayant déjà franchi la porte d’entrée. Il n’attend pas que j’ouvre la bouche. L’ascenseur s’ouvre. Garde la tête haute Chris, c’est toi qui a raison. Ils sont nuls, les gens et en plus ils s’offrent des fleurs .

Mercredi 29/11/2023, Librairie Traits d'Union


Voyage chez Chris Fleurs

La porte de Chris Fleurs est une porte terne au bout d’un long couloir à moquette rouge. Quand on s’arrête devant sa porte, il y a toujours des effluves d'encens et de noisette. Si l’on y colle l’oreille, on entend parfois un léger rire cristallin parfois quelques notes de guitare. Si l’on colle un œil à l’œilleton, on voit souvent une jeune fille seule, au fond d’un canapé, enveloppée sous un plaid. Au sol des tapis duveteux.


Si l’on pousse la porte, une vague de chaleur nous envahit. Le sol est moelleux grâce à tous ces tapis. L’odeur de noisette et chocolat chaud vient directement réconforter nos narines. Chris Fleurs a peur du monde alors, au fil des ans, elle a créé son cocon chez elle. Tout est doux. Tout sent bon. L’hiver : fruits secs et patchouli. L’été, monoï et noix de coco.


Chris Fleurs aime sa solitude. Elle adore sa bulle qui la protège d’un monde auquel elle ne comprend rien. Depuis toute petite, elle n’a pas les codes elle n’est pas ce qu’on attend d’elle. D’ailleurs elle ne sait pas ce qu’on attend d’elle. Cela remonte même à sa naissance. Et oui Chris Fleurs n’aime pas les fleurs. Elle fait honte à sa famille, la célèbre famille Fleurs, fleuriste de mère en fille. Non vraiment, Chris fleurs n’aime pas les fleurs. Elles sont criardes, elles sentent fort et il faut faire semblant d’être heureuse quand on vous les offre. Il faut sourire. Il faut être docile face à la fleur. Elle aimerait, elle, qu'on lui offre des chocolats. Elle aimerait, elle, ne pas dire merci.



Mercredi 29/11/2023, Librairie Traits d'Union

Conte presque Malgache

Ecrire à partir d'un cadavre exquis

À Madagascar, à l’heure du déjeuner, un pepsis heros chevauche joyeusement une flûte brillante en tissant sa toile. Un pepsis heros, me dites-vous ? Oui, ce petit insecte aussi noir que du Pepsi, mais moins sucré que du Coca a toujours été un héros. Mais, revenons quelques jours en arrière.


En ce triste jour d’octobre, l’île de Madagascar était en deuil ; elle avait perdu sa plus grosse guêpe, son dernier espoir que la nature reprenne ses droits à cause de la folie des hommes. Les fleurs fanaient, les arbres toussaient et les animaux s’écroulaient. Seule la Grosse Guêpe avait survécu à toutes les fumées, à tous les bruits, à toutes les guerres. Mais, ce matin, Panache, le fils d’un prince malgache, avait vu la Grosse Guêpe s’approcher de lui et ses instincts violents s’étaient réveillés. Panache avait toujours été un enfant-roi, enfin un enfant-prince. Alors, il aimait torturer les êtres vivants les plus inoffensifs pour se sentir toujours plus fort et parce qu’il se savait intouchable. Panache avait attrapé la Grosse Guêpe, l'avait coincée entre ses doigts et lui avait arraché les ailes une par une. Il voulait qu’elle souffre jusqu’à ce qu’elle s’éteigne et Grosse Guêpe s’éteignit. Madagascar n’avait plus d'insecte. Madagascar était en deuil.


Après avoir séché sa dernière larme, Rosier, le fils du jardinier, crut voir dépasser un morceau de papier sous le râteau de son père. Il s’approcha et trouva un tout petit parchemin. Du haut de ses sept ans, il déchiffra péniblement : « Trouve la flûte, offre-la au soda volant, fais-lui tisser une toile et à nouveau l’espoir brillera comme une étoile ». Ni une ni deux, Rosier alla trouver son père le jardinier. Celui-ci était bien plus cultivé que le prince malgache alors il comprit tout de suite que le soda volant était un pepsis heros et que cet insecte serait le sauveur. Rosier et son père soulevèrent chaque motte de terre, inspectèrent chaque pétale (enfin ce qu’il en restait après la sécheresse) mais ils ne trouvèrent rien. Cependant, ils savaient. Ils savaient que le courage ce n’est pas de ne pas avoir peur, c’est d’avoir peur et de résister quand même. Alors, pendant trois jours et trois nuits, il cherchèrent. Au quatrième jour, à l’aube, Rosier entendit un tout petit bourdonnement sous une pierre. Il la souleva et, miracle,en sortit un peu petit pepsis heros, notre héros. Rosier courut à l’école du village et demanda à Madame Rossignol, la maîtresse, de lui prêter sa flûte. Il la lustra et posa le pepsi heros dessus. L'île était sauvée. La couleur allait revenir ! Tous les habitants, à l’heure du déjeuner, virent un pepsi heros chevauché joyeusement, une flûte brillante en tissant sa toile.


Mercredi 18/10/23, Librairie Traits d'union

jeudi 5 octobre 2023

Anne'telier d'écriture

 Fille d'écrivain, j'ai baigné dans les mots, j'ai vogué dans les phrases, j'ai surfé entre les virgules. Mais, si l'Auteur qui est aussi mon créateur a toujours été artiste, la maîtresse que je suis a toujours été trop scolaire. Pour écrire, il me faut une consigne bien claire, des contraintes qui bordent, des réglés qui rassurent. Alors, j'écrivais peu régulièrement et surtout dans des carnets préremplis de consignes. Parfois, la rage ou la mélancolie débordait cependant de moi et quand ça déborde le sang bout et devient encre.

L'an dernier, j'ai commencé à fréquenter une librairie devenue chère à mes yeux, refuge rassurant. Les libraires m'ont proposé un atelier d'écriture animé par une certaine Anne. Me retrouver en groupe de loisirs ne m'était pas arrivé depuis que je ne monte plus sur scène et cela ne me rassurait pas surtout face à une feuille blanche. J'ai alors proposé à Lisa, ma toute petite sœur d'amour de me rejoindre dans cette folie. Ma Lisa qui me suivrait partout les yeux fermés a évidemment accepté. Nous avons donc franchi les portes de Vagalume pour y rencontrer un groupe bien éclectique.

Autour d'un jus de fruits fraîchement pressé par l'adorable libraire, j'ai dégainé mon petit carnet rose pailleté et je me suis laissé guidé par les premières consignes d'Anne sur un fond d'Ennio Morricone. Les sourires complices de Lisa, les « wawawa » amusants de Martine et la bienveillance de l'écoute du groupe m'ont convaincu. Ce moment allait devenir un précieux rituel sororal.

Depuis, je peux dire que j'ai recommencé à écrire. Les mercredis d'écriture sont devenus des moments attendus même si le lieu a changé. Ecouter les récits saveur d'Orient de Saousan, les phrases philosophiques de Jacques, les souvenirs d'enfance d'une Martine qui s'émerveille et redécouvrir ma sœur par ses mots sont une vraie parenthèse enchantée.


Dans mon salon, 05-10-23


Fête estivale de Cannes

Je suis à l'université, je me suis fait une bande de copines. Nous parlons vacances et j'explique que ma dépendance m'a toujours empêchée de faire des choses sans mes parents. Qu'à cela ne tienne, elles me disent. Apprends-nous à nous occuper de toi et on s'en va !

Je suis stupéfaite. Dormir loin de chez moi et sortir de mon fauteuil sans mes parents ni mon conjoint me semble inimaginable. Mais nous voilà déjà dans le train pour Cannes. Destination que je connaissais déjà en couple.

Quelques jours hors du temps où le handicap et la dépendance n'ont qu'à bien se tenir. Toutes étudiantes que nous sommes, nous nous nourrissons de chips et de rillettes de thon.

On se baigne, on boit des cocktails et surtout on rit qu'est-ce qu'on rit !



Librairie Traits d'union le 20/09/2023

Déjà fini ?

Chaque année, alors que pleins d'enfants étaient si heureux de la fin de l'école et de brûler leurs cahiers, Caroline et moi demandions déjà à nos parents la date à laquelle nous irions acheter les fournitures scolaires.

Le jour J dans le grand temple de la surconsommation, nos parents allaient faire leurs courses de leur côté et nous donnait rendez-vous une heure plus tard. Lâchées dans les immenses rayons avec notre liste à la main, nous ne savions plus où donner de la tête. Odeur de cuir des cartables neufs, trousses aux mille couleurs et agendas en tous genres. D'abord, nous nous occupions du moins intéressant : banals cahier 24x32, copies doubles et autres crayons HB. Venait ensuite le plus excitant : le choix de l'agenda, de la trousse, du classeur et du stylo-plume. Grandissant dans une famille de la classe moyenne, nos aspirations restaient raisonnables. Stylo plume Poivre blanc oui mais alors classeur de la marque du magasin. Agenda Chipie oui mais trousse de l'an dernier.

Prendre un classeur avec de jolis dessins puis vite le reposer car celui d'à-côté est bien plus « stylé ». Regarder à nouveau le stylo-plume choisi mais, comble du malheur, ne plus savoir si c'est le plus beau du rayon.

Vite regarder l'heure, papa va avoir fini ses courses. Bon on va garder le stylo mais prendre l'agenda L'étudiant comme ça on sera « stylées » comme des lycéennes. Une fois rentrées, on déballe tout avec frénésie. On prend une feuille de brouillon pour tester les feutres et les crayons de l'an dernier. On garde, on jette, on remplit notre cartable qui sent le plastique des nouveaux emballages.

Ca y est, on est prêtes. Plus qu'un mois avant la rentrée. En attendant, on va faire notre cahier de vacances en essayant de ne pas le finir trop vite..

Le fondant au chocolat

C'est l'été et les soirées s'allongent. Ce soir, on fête la dépendaison de crémaillère de la GDCM. On y emmène Olivier pour la première fois alors ce sera après-midi pâtisserie en famille ; une nouvelle famille.

Nous allons d'abord au supermarché acheter les œufs, le chocolat et les Smarties nécessaires. Mais, soudain, malheur !, on s'aperçoit qu'il n'y a pas de moule assez grand dans les rayons.

Nous voilà donc tous les trois à Bricorama pour trouver le bon moule et, au passage, bons clients que nous sommes, écouter le speech d'une conseillère Thermomix en goûtant son brownie et sa citronnade bien fraîche.

Mais que fait-on à traîner là alors que notre gâteau doit avoir cuit et refroidit pour dans une heure ? Après une petite accélération, me voilà avec Olivier dans la cuisine. Je le guide pour le bain-marie. Mon mari a vite fait de venir nous surveiller puisque mon premier bain-marie il s'en souvient. Voilà ensuite Olivier en train de casser les œufs et Grégory en train d'y plonger les doigts pour y récupérer les coquilles.

Lassé de remuer, Olivier passera vite la main à Greg. Greg finira et enfournera pendant qu'Olivier léchera la cuillère de chocolat fondu puis raclera les bords du saladier avant de me mettre la cuillère dans la bouche.

Une petite vingtaine de minutes plus tard, le fondant est cuit. Il refroidit puis Olivier le couvre de Smarties. La cuisine ressemble à un champ de bataille bien après la bataille mais la mission est accomplie. Notre famille toute neuve et toute tordue pourra régaler les copains.


Librairie Vagalume, le 28 juin 2023

mardi 23 mai 2023

On est bien peu de choses

On est bien peu de choses disait ma grand-mère

On est bien peu de choses et on l'oublie trop souvent

Dans le train-train quotidien, la routine trace sa route

On travaille, on dort, on avance

La boucle recommence sans cesse

Les tracas prennent de la place

On se plaint de la fatigue,

On liste les soucis au travail

Les petits conflits avec les amis, la famille

On organise les vacances, les week-end, les lendemains

Mais, alors, on oublie.

On oublie à quel point tout est fragile, tout est friable


Un mauvais rhume qui tourne mal et tout se met en pause

Poumons fragiles, état fébrile.

Chaque jour, la vie devient combat.

Tousser sans s'arrêter, sensation de s'étouffer mais surtout ne rien lâcher.

Traitement, machine, kiné

Se battre contre son propre corps

Et la vie qui qui continue dehors

Pendant ce temps, le monde qui tourne, qui tourne sans moi

Alors, se souvenir que chaque seconde est précieuse

Se rappeler que chaque fois qu'on organise les lendemains, on oublie les aujourd'huis

Se rendre compte que chaque fois que le travail nous a fatigué, on a oublié que si on travaille c'est que tout va bien.

Se dire donc que quand la vie recommencera, que les proches seront rassurés, on se satisfera de chaque rayon de soleil, chaque élève qui progressera, chaque sourire qu'on croisera.

Mais ne soyons pas naïfs, on sait que très vite

La boucle recommencera sans cesse

Les tracas prendront de la place

On se plaindra de la fatigue,

On listera les soucis au travail

Les petits conflits avec les amis, la famille

On organisera les vacances, les week-end, les lendemains


On est bien peu de choses disait ma grand-mère

On est bien peu de choses et on l'oublie trop souvent

Haïkus

Printemps


Soleil, douce caresse

Lumière, quelle belle ivresse

Renouveau, bol d'air


Monde animal


Un ronronnement

Boule de poils se prélasse

Lenteur, le temps passe


L'émerveillement


Touches de couleurs

Palette aux mille senteurs

Explosion de sens


Librairie Vagalume, 03/05/23



Ma voie

Il est 6h28, le réveil sonne déjà.     Ma voix rauque et ralentie exprime déjà mon anxiété. Je veille à ce que mon mari ait bien entendu la ...